03.08.2010
Migration.
La suite du blog, c'est ici >> http://emphiristopia.tumblr.com/
23:44 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
30.06.2010
Elément parlant.
D'or ou de plomb, il sait se faire troublant ou rassurant. Parfois aveu, parfois dénégation, parfois résistance, parfois soumission.
Synonyme d'incapacité ou de contrôle, de gêne ou de complicité, c'est un substrat polysémique. Il glisse, il virevolte, il s'avère insaisissable mais également épais, lourd de trahison ou de confiance.
Son absence comme sa présence sont tour à tour assourdissantes et reposantes. Langoureux, tranchant, électrique, ou plat; son polymorphisme assure son succès. Discrète déclaration de guerre ou au contraire accord implicite de paix, il ne souffre point d'interprétation grossière.
Dans certains cas néanmoins, le silence constitue simplement un camouflet.
12:24 Publié dans Délires variés | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : devinette, me casse les tympans, rire subtil, créons un comité contre les enfants hurleurs
28.06.2010
L'Assemblée nationale comme si vous y étiez.
Déjà marre du f**t, un peu de culture. Surtout de la ture, d'ailleurs. Pour le reste, il y a les prostituées en Afrique du Sud. [ C'est la blague la plus pourrie de tous les temps sur le sujet de la culture – après l'existence de Monsieur Lang. Vous êtes libres de partir. ]
Ce mois-ci, j'ai eu la chance de pouvoir visiter le Palais Bourbon. Le bâtiment en impose, rien que l'intérieur vaudrait le coup de se lancer en politique pour le voir régulièrement.
Pour se mettre dans l'ambiance, vue sur le joli badge en plastique souple gracieusement offert à l'entrée. >>
Dans la cour d'honneur pavée trône une sculpture originale: une sphère, dressée là pour le bicentenaire de la Révolution française. La rumeur court qu'à l'intérieur se dissimule un cœur en or massif. On est pralino-romantique chez nos amis les députés.

La tradition du lieu est mise à l'honneur et se mêle plus ou moins harmonieusement à la modernité: poubelles de recyclages sur tapis épais, ordinateurs adossés aux bois précieux, lustres énormes à ampoules électriques, pièces d'art contemporain mieux choisies qu'ailleurs [ je ne vise personne ].
Une fois n'est pas coutume: commençons par le meilleur, c'est-à-dire la bibliothèque. C'est simple, un jour j'y travaillerai. Forcément.
Une immense pièce sublime, toute en longueur. Des milliers de livres reliés recouvrent les murs hauts de deux étages, soutenus par des étagères en bois sculpté. Les voûtes sont peintes par Delacroix. Est conservé en ce magnifique lieu le procès verbal de la condamnation de Jeanne d'Arc.

Bon sinon tout le palais bourbon est très beau. Avec décorations d'époque, tableaux célèbres, statues, qui rythment la magnificence des lieux, sans trop écraser le visiteur.
Nos députés évoluent dans le luxe. Luxe à la française, néanmoins: rien que du bon goût. Du bling bling des XVII et XVIIIe siècles comme de sublimes bronzes rescapés de Marly.

La salle des mariages, et un magnifique contre-jour.
L'hémicycle est beaucoup plus petit que ce que les cameras grand angle ne laissent présumer.
Ce qui est véritablement hallucinant dans cette pièce, c'est que l'on a l'impression que la lumière naturelle baigne la pièce, alors qu'en fait pas du tout: ce n'est pas une verrière, mais de l'électricité. Même en séance de nuit, les trois députés qui se battent en duel se sentent comme en plein jour.

Avant, beaucoup de monde pouvait assister aux débats. Aujourd'hui, il faut y être invité, ou travailler à l'Assemblée nationale. Lesquels personnels sont toutefois obligés de dissimuler leurs badges aux cameras de télévision. On note là l'évolution d'une vision de la démocratie.
Le palais bourbon côtoie l'hôtel de Lassay, la demeure du président de l'Assemblée au doux surnom de Bernie (= Bernard Accoyer). Ils sont reliés par la fastueuse galerie des fêtes empruntée par Bernie avant chaque séance. Le chemin jusqu'à son siège dominant l'hémicycle est balisé par des gardes républicains, qui ont probablement peur qu'il se perde.
Les salons de ce palais sont une merveille de peintures, de tissus et d'objets d'époque. Le « cabinet du départ » abrite le bureau qui aurait été le support de la signature de son abdication par Napoléon. Depuis, ce bureau est perçu comme maudit et désormais plus aucun papier n'est signé dessus. Mais le meuble est joli et sert uniquement de repose-bouton-pour-appeler-la-garde-républicaine. On est grand prince chez les députés.
A ce propos, on peut se demander si ces « représentants du peuple » ont besoin de tant de beauté pour un lieu où ils ne passent finalement jamais très peu de temps.
L'accès restreint peut également être remis en cause. Ainsi que l'a remarqué ma charmante V. avec beaucoup de justesse, il vaut sans doute mieux que ces trésors soient bien gardés par la République française plutôt que dans un faux manoir américain ou japonais. On peut parler scandales de notes de frais, de salaires ou de chauffeur. Quand il s'agit de patrimoine fragile, le débat devient plus délicat.
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16:22 Publié dans Loisirs, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : assemblée nationale, luxe à la française, sculpture, peinture, culture, armure, badge, passementrie

